Bilan d’un mois sans sucre

Si tu me suis, tu sais que je souffre d’un syndrome qui s’appelle … le syndrome de Dora…. Et oui 🙂 Je suis une exploratrice ! J’aime découvrir, faire de nouvelles expériences, me laisser tenter par de nouveaux « challenges », voyager vers de nouveaux horizons, fussent ils intérieurs ou extérieurs.

Pourquoi ? Parce que si je parle de quelque chose aux gens qui me demandent guidance pour leur santé, je ne souhaite pas que mes conseils  résultent de la littérature ou de beaux discours d’autres personnes, aussi géniales soient-elles ! Même si nous sommes tous uniques et différents, donc nous ne vivrons jamais les choses de manière similaire, je me vois difficilement crédible dans un discours sur le jeûne par exemple si je n’ai jamais jeûné moi-même et ressenti les effets (si, si, ça existe dans le milieu de la santé !) .

En terme d’alimentation et de cures, j’ai déjà partagé de nombreuses aventures : mes débuts dans le crudivorisme,  1 semaine de cure de jus, 3 mois de cure de jus, jeûne hydrique long, jeûne hygiéniste au repos,  et bien d’autres expériences (y compris le prana). J’ai enchainé diverses manières d’activer la fameuse detox, en parallèle de quoi je faisais des retours « sur le plancher des vaches » à tester différents modes alimentaires : paléo, céto, high carb low fat, frugivore… Je le percevais comme une alternance de phases de nettoyage puis de nourrissement.

Si aujourd’hui le regard que je porte sur l’alimentation a évolué (et cela fera l’objet d’articles ultérieurs, il y a beaucoup à partager!), je restais néanmoins curieuse de voir pas mal de monde (via YouTube et les blogs santé que je suis) tester le sans sucre. En général, ils font ça en mode sans sucre ajouté, mais maintiennent une consommation de fruits et parfois même des aliments contenant des glucides naturels comme dans les pâtes ou les farines (easy quoi). Pour moi c’est difficile car du sucre ajouté, hormis dans un café 2 fois par mois, avec la brioche qui va avec (celle de Green Cantine je veux dire), je n’en consomme pas ! Des glucides naturels … non plus, ou très rarement ! Facile de tenir un mois. Fingers in the nose.

Mais des fruits… Ça oui ! Je te donnais quelques détails dans l’article précédent.

 

C’est d’ailleurs un ami médecin qui m’a interpellé à me dire

« Mais Johanne, t’es complétement accroc au sucre!

– Ah bon? tu crois ? … »

 

OK – ASSEZ DE BLABLA !

 

Qu’en est il de l’addiction au sucre?

Question complexe.. et j’essaie de faire simple (Désolée pour tous les experts du scientifico-précis, je fais simple et compréhensible) :

On peut oui considérer le sucre comme une vraie drogue, comme l’ont prouvé plusieurs expériences sur les rats qui préfèrent le sucre à la cocaïne… Le Dr. Tal Shaller le dit ainsi : « La poudre blanche du sucre raffiné fait plus de dégâts que la poudre blanche de la cocaïne ou d’autres drogues dures.  »

Les addictions peuvent être comprises comme une réponse automatique (très inconsciente) du cerveau qui ne peut s’empêcher, soit de rechercher le plaisir, soit d’éviter la douleur. Comme si notre cerveau nous poussait à commettre certains actes car il est guidé par ces deux voies : recherche de plaisir / évitement de la douleur. Et c’est ainsi qu’on peut avoir besoin/envie de nourritures réconfortantes par exemple pour éviter de souffrir (de la solitude, du stress, d’une rupture…) , ou encore qu’on va rechercher le plaisir en permanence (dans la nourriture également, Netflix, le sexe…).

Il est à souligner que nous ne sommes pas tous égaux aux addictions au sens large, car il y a un polymorphisme génétique des récepteurs à la dopamine, ce qui fait que certaines personnes seront plus ou moins prédisposées à être addict. Et aussi, et surtout, ces automatismes du cerveau sont très inconscients … et la très bonne nouvelle, c’est que nous sommes tous capables de mettre de la conscience sur tous les aspects de nos vies, même les plus inconscients !

Toute prise de sucre entraine donc une réaction de plaisir. C’est bon ça fait du bien, je me sens bien… Total = j’en veux encore ! Et encore… et encore … Ça peut aller très vite, ça sera plus ou moins fort, on en sera plus ou moins conscients, et on voit notamment  les effets parfois désastreux de l’addiction au sucre sur les enfants !  Achtung, achtung !

Je laisse à chacun le soin de réfléchir à la différence entre le plaisir (immédiat, procuré par des fruits pour bibi par exemple) et le bonheur (à plus long terme, qui se construit). Je tends la perche, perso ça m’a bien aidé !

 

Qu’est ce que j’ai mangé alors?

J’ai mangé comme d’habitude en fait, en prenant soin (en croyant prendre soin) de retirer toute forme de sucre, y compris le miel (Aïe ! le bon miel de sapin des Vosges !) et tous les fruits (que je consomme tous les jours, surtout en automne, car c’est la pleine saison de certains fruits que j’adooore !), ainsi que le fromage ou tout type de produit laitier afin de retirer le lactose qui est un sucre aussi (ça m’arrive d’en manger). Mais à savoir : il existe du fromage sans lactose en bio.

Donc toujours force de légumes (crus et cuits), des œufs (crus), de la viande (crue maturée), du poisson (cru et cuit), des fruits de mer (crus ou cuits). Rien de transformé autre que ce que je cuisinais chez moi. Les seuls fruits que j’ai mangés sont des fruits gras (avocats).

J’ai fait suer mes amis et ma famille quand j’ai mangé chez eux. Pour la petite anecdote, j’ai eu droit au seul dessert sans sucre que vous pourrez imaginer lors d’un dîner dans ma belle-famille : un glaçon placé dans un joli petit ramequin. Une glace glaçon en somme 🙂

Ai-je triché? J’avoue… oui ! Déjà j’ai bu un verre de blanc avec des amis un midi (plateau de fruits de mer oblige !). Et j’ai maintenu ma consommation d’oléagineux, que je considérais à tort davantage comme du gras protéiné que du sucre, mais le fait est qu’il y en a aussi… Parfois pas mal même ! J’étais même étonnée à vrai dire. Et puis, bien évidemment, les légumes contiennent eux aussi des glucides.

A noter donc que je ne consomme pas de sucre (blanc ou roux, sauf dans le café 2 fois par mois env.), de confiture et autre, de chocolat, de jus de fruits (ou sodas) et tous les plats indus’ qui contiennent du sucre en pagaille. Pas (ou à de rares occasions) de produits avec de la farine (blé ou autre d’ailleurs), pâtes, riz, légumineuses (lentilles, haricots, pois chiche…). Le challenge pour moi était vraiment axé sur les fruits.

A noter aussi, que j’ai du coup passé un mois à accentuer une de mes habitudes qui est de lire les étiquettes de valeurs nutritionnelles, pour déceler partout où se trouve du sucre (et vous seriez surpris de voir là où – partout – il y en a !) et surtout en quelle quantité (idem !). Je suis liseuse championne ! Et bim, un toc de plus !

Résultats des courses ?

C’est la grosse question : quels ont été les effets?

– Déjà, ça n’a pas été difficile pour moi. Franchement non. J’ai un mental fort, donc une fois que j’ai décidé, je fais, je m’y tiens, tout comme jeûner 30 jours ne m’a pas posé problème non plus, quand bien même je cuisinais pour les autres et regardais tout le monde manger tous les jours, tout en continuant à bosser !

– Pas d’envies incontrôlables, pas de « symptôme » de sevrage quelconque, ni de manque. Je me suis passée de ma dope facile ! Je ne suis peut-être pas si accroc que ça 😉 Pas non plus de detox particulière ou de phénomènes d’élimination intempestifs.

– Le plus surprenant pour moi, c’est que je n’ai eu aucune fringale ! Toute forme ou envie de grignotage a disparu.  Et ça c’est assez magique ! Ça s’explique facilement : aucun pic de glycémie puisque pas de sucre  : la glycémie est le taux de sucre dans le sang, quand on ingère du sucre, la glycémie augmente ==> hyperglycémie, puis ce taux diminue ==> hypoglycémie réactionnelle, et alors ==> besoin de sucre, donc grignotage. C’était intéressant de valider cela pendant 1 mois.

– Le corps a facilement switché du carburant sucre au carburant gras (habitué au jeûne?). J’ai eu une pêche d’enfer et un excellent niveau d’énergie (observé par des personnes extérieures neutres ne sachant pas ce que je faisais). Certains des effets du jeûne, dont l’effet boostant et euphorique des corps cétoniques sur le cerveau, ont pu être une nouvelle fois mis en évidence.

– Ce sans-sucre m’a catapulté dans un état hyper calme. Super paisible j’étais ! Ceux qui me connaissent savent que j’ai plutôt un tempérament speed à jamais me poser, que calme et monocorde ! Même ma fille m’a fait la réflexion sur la fin « Maman, depuis que tu ne manges plus de sucre, t’es toujours hyper calme, c’est super agréable! » OK, merci ma fille ! Je dirais que c’est à mettre en parallèle de ces montagnes russes de glycémie dans le sang que ces montagnes russes émotionnelles se sont apaisées.  C’était vraiment serein ! C’est cet état là précisément que j’ai le plus apprécié de cette expérience. Car c’est venu naturellement, sans aucun effort, sans être en vacances à ne rien faire ou pratiquer le yoga  3 heures par jour ou 2 heures de médit matin et soir ! Mon système nerveux a grandement apprécié !

– Niveau bidou, ben… c’est devenu très très confortable aussi. Déjà, il s’est merveilleusement aplati (assez remarquable). Et puis, conséquence somme toute logique, je n’ai plus eu aucun gaz, flatulence, ballonnement, c’était agréable !! 🙂 Tout s’est réinstallé progressivement avec la reprise du sucre 🙁

– Niveau poids ?? Ce type de changement alimentaire a un effet minceur incontestable !!!!  Toute forme de régime hypoglucidique est un des moyens – très répandus du reste – pour la perte de poids, avec de beaux résultats (Mise en garde oblige : fais gaffe à ce que tu fais quand même, hein !! Ça ne convient pas à tout le monde, et ça peut présenter des inconvénients aussi). Il offre bien d’autres avantages, notamment sur les problèmes liés au métabolisme du sucre (diabète de type 2 par ex) et de nombreuses maladies inflammatoires. Je fais court (ça mériterait un article à part entière) : l’arrêt du sucre comme carburant fait passer le corps en cétose, et on mime donc le processus du jeûne, les corps cétoniques deviennent le carburant, tout en allant déloger les veilles réserves qu’on stocke… dans la culotte de cheval, dans les bourrelets du bidou, etc etc… Vous voyez le principe 😉 On va taper dans les réserves tout en mangeant ! C’est-y-pas-beau tout ça ??

En 1 mois, j’ai perdu 4,2 kilos ( tout en mangeant à ma faim et sans frustration). La masse grasse a baissé de 0,8%, le taux hydrique similaire à 0,1% près. Plutôt concluant de ce point de vue là !

 

Et après ?

A la fin du mois, je n’ai pas repris les fruits de suite. Je n’en ai eu ni envie (comme quoi !), ni besoin. Clairement quand j’ai remangé un fruit, j’ai trouvé que c’était une grosse dose de sucre à ingérer, et ça m’a fait cette sensation là les 4-5 fois fois où j’ai remangé des trucs sucrés. J’ai pris une cuillère de pâte à tartiner un jour (oui, celle qui est bio, sans gluten, sans huile de palme, sans lactose… bref : Pas du nutella quoi !)  et c’était ULTRA sucré pour le coup !

Et puis petit à petit, un fruit en appelant un autre… Je me suis même fait une bonne mono diète de kakis il y a peu 😉 Pour une bonne dose de sucre, là j’avais ce qu’il faut !

 

La prochaine expérience?

Et bien et bien… il m’en reste et j’en ai une de prévu en janvier ! Et pour la vivre pleinement et en toute saveur et avec tous mes sens, je vais probablement jeûner pendant une petite dizaine de jours avant, histoire de bien activer tous mes instincts … et je me laisserai porter par mes sens… A suivre 🙂

Sur ce, je te souhaite de passer de très belles fêtes de fin d’année !

Amicalement,

Johanne

 

 

PS : Si tu es un peu fébrile à l’approche des Fêtes, de toute cette abondance de nourriture, de ne pas te gaver, mais de profiter quand même, car tu sais déjà que Tante Ginette aura fait sa merveilleuse bûche et que t’en salives déjà, mais que tu culpabilises peut-être aussi déjà de vouloir de resservir… En plus il en restera le lendemain, donc … enfin tu vois ! Si tu sais que ça va être youplaboum et que tu as mal au foie d’avance… bref si ça commence à partir dans tous les sens dans ta tête alors que tu n’es même pas à table … Si l’alimentation est (devenue) compliquée pour toi et encore plus lors d’occasions sociales, ou quand t’es en famille, ou dans ces périodes de gros repas festifs … voici trois astuces :

– Sois bien conscient que l’esprit des Fêtes réside surtout dans la joie et le partage d’être avec les gens qu’on aime, et que ça ça nourrit ! Ce ne sont typiquement pas des repas « healthy » (quoique..!!) ou du moins, des repas que l’on juge comme tel ! Le plaisir d’être là, tous ensemble, de profiter, de retrouver, d’échanger, est une vraie nourriture. Et peut même modifier d’une certaine manière ce que tu manges… Si, si ! Alors vas y le cœur léger, et fais toi plaisir !

– Reste présent à tes sensations, de faim, de satiété. Écoute toi ! Tante Ginette ne sera pas fâchée, elle peut comprendre 😉 Le plateau de fromage ne va pas disparaitre en 5 minutes, il en restera demain, et après demain, et après après demain… Au pire, Leclerc est pas loin. Les petits toasts, pareil. Tu vas en voir pendant 8 jours, donc si un jour tu n’en manges pas, parce que tu n’en as pas envie, c’est ok ! Respecte toi, respecte ta faim, respecte tes envies.

– Pense à bien boire (euh.. de l’eau je précise), et éventuellement saute le petit déj pendant qq jours… un petit jeûne matinal ne fait de mal à personne, surtout pas à ton système digestif !

– Si tu souhaites surveiller ton poids, évite d’emblée tous les excès en pain, toasts, alcool, chocolats, etc, et fais la part belle dans ton assiette aux crudités, aux légumes, aux protéines. Et évite d’aborder chaque repas en te disant « c’est mort, je vais prendre encore 1 kilo aujourd’hui »… Il paraitrait qu’on attire à soi ce que l’on pense ! Je dis ça …. 😉

 

 

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Bilan d’un mois sans sucre »

  1. Merci Johanne pour ce bilan que j’attendais avec impatience ! Merci pour la clarté et aussi pour l´humour
    Dur dur en cette période pré fêtes de se projeter dans ce « sans sucre” …cependant je suis particulièrement intéressée par ton expérience puisque tu le sais de mon côté je souhaite suivre aussi un programme sans glucides (ou limiter au maximum) et pour moi la difficulté est l´arrêt du pain et du chocolat et de limiter aussi les graines.
    Ce qui m’encourage et me motive, outre les effets sur les intestins et le stockage, c’est d’imaginer ne plus avoir d’envies irraisonnées de glucides….
    Je ne péE as avoir une volonté à toute épreuve comme la tienne : tu décides et hop….c’est parti ! J’ai déjà décidé plusieurs fois mais hop….au fil de la journée je dérape
    Si tu as des conseils à me donner pour renforcer cette prise de décision et des soutiens pour les volontés chancelantes , je suis preneuse
    Encore bravo à toi et belle fin d’annee !

    1. Coucou Christine, merci pour ton commentaire. Clairement, c’est vrai, ne plus avoir d’envie de grignotage, c’était vraiment le cadeau inattendu (dont on m’avait parlé, mais tant que je n’ai pas expérimenté, difficile de me projeter).
      La volonté nous est propre à chacun, c’est vrai, le réservoir est plein le matin, et au fil de la journée, ça dérape car le réservoir se vide… c’est normal. As tu songé à faire des préparations de repas le matin par exemple? Moi j’ai observé qu’au réveil, c’est vraiment un moment où j’adore 1. faire ma vaisselle (la première chose que je fais en me levant, oui oui) et 2. cuisiner pour la journée (surtout pour ma fille, car moi je mange souvent à la croque). Ca peut être à essayer. Ou préparer le weekend. Ou ne rien stocker chez toi dans te splacards qui te ferait « déraper » comme tu le dis. Je t’embrasse, tous mes voeux pour 2020 et je serais ravie de te revoir !! J

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