Récit d’un long jeûne

jeuneDans cet article je vous relate mon expérience d’un long jeûne hydrique (et quelques jours en jeûne sec) de 2016. Je rappelle que ceci n’est que le témoignage d’une expérience tout à fait personnelle, et je vous encourage à consulter un professionnel avant de vous lancer dans une telle aventure.

Tout a commencé en Février 2016. Je m’étais rendue dans les Vosges voir ma famille, et j’ai eu l’occasion de projeter de passer quelques jours seule, SEULE, dans une maison que nous avons, retirée dans la nature. Envisager une retraite dans cet endroit et en profiter pour me couper du monde pendant un temps… de la solitude, du temps pour moi, la nature en hiver, pas de wifi, pas d’ordi. En profiter pour aller nettoyer quelques toiles d’araignées que j’avais dans mon corps, dans ma tête, dans mes émotions… Avant le rythme infernal des semaines à venir : c’était bien là l’opportunité d’un ressourcement dont j’avais précisément besoin !

Et de suite, l’idée d’en profiter pour jeûner pointa le bout de son nez ! J’avais passé les 3 mois de l’automne 2015 à expérimenter intensivement le jeûne, sous différentes formes, environ une semaine par mois. Je voulais m’imprégner de ce vécu pour pouvoir mieux accompagner et conseiller les gens qui veulent rentrer dans cette dynamique. Et je n’avais pas encore expérimenté le jeûne dit sec (sans eau). Le havre de paix que représente ce lieu pour moi était le cadre idéal pour cette nouvelle aventure. Et ce, malgré la fontaine et son excellente eau de source qui y coule en permanence des montagnes – idéal pour un jeûne hydrique… Un jour, des stages de jeûne seront organisée là-bas, c’est certain !

Je me prépare donc et m’organise pour ce voyage intérieur. Je me mets en jeûne hydrique pendant 4 jours avant de me retirer pour 4 jours dans mon petit paradis…

Retraite sous la neige

L’expérience s’est très bien déroulée. Je me suis très vite adaptée à ce type de jeûne ; bien évidemment, le fait de jeûner régulièrement augmente mes propres capacités d’adaptation. Les journées étaient rythmées par les temps de repos, les petites promenades dans la forêt alentour sous la neige, les cataplasmes de ricin que je me faisais quotidiennement, un peu de lecture, mais très léger, un peu de yoga, mais très léger là aussi, entretenir les 3 feux que j’avais faits dans la maison : un dans la cuisine, un dans le salon/salle à manger, et un dans la chambre où je dormais (le bâtiment est une ancienne ferme et il n’y a pas le chauffage central, mais alors pas du tout !).

Dans mon expérience, le jeûne sec fait monter ma température interne, et j’avais donc bien chaud !! Ainsi, j’allais, au moins une fois par jour, me rouler dans la neige dehors… « Tarée, je vous dis!! » 🙂

4 jours passèrent ainsi, puis retour à la civilisation. Reprise de l’eau, pendant 2 jours, et là… aucune envie réelle de reprendre l’alimentation. « Et pourquoi je ne continuerais pas? ». Cela faisait 10 jours que je jeûnais et je ne ressentais aucune fatigue ingérable, aucun désagrément insupportable qui nécessiterait que je coupe le jeûne.

Pour la première fois, je me suis laissée littéralement portée par mon ressenti et mes sensations, sans chercher à mentaliser, à programmer une date de reprise, en me disant que je verrais bien au jour le jour. Bien sur le mental revient vite à la charge, aussi je l’ai calmé en me disant « Je verrai bien à 14 jours »

Et ainsi passèrent deux semaines de jeûne. Toujours en pleine forme. Je continuais à courir de temps en temps, à m’activer au quotidien (famille, enfant, ménage, cuisine, boulot, etc…). J’attaquai la 3ème semaine en refaisant quelques jours de jeûne sec… Une lettre à la Poste.

Et ainsi passèrent 3 semaines. Toujours au feeling. Et very good feeling indeed !! La perspective d’une course à laquelle j’étais inscrite – Les 10 Miles des Baïnes – s’approchait, elle avait lieu dans une dizaine de jours à ce moment-là, et je me suis posée beaucoup de questions. Je fais cette course depuis plusieurs années maintenant, c’est devenu comme un rituel-santé que nous faisons en famille, ma sœur et moi. Courir 10 miles soit 16km100 suite à plusieurs semaines de jeûne… Est-ce raisonnable ? Est-ce que je vais tenir ? Est-ce que je vais m’écrouler? Est-ce que je ne fais pas n’importe quoi là ???

Les 10 Miles des Baïnes

Mais une chose était certaine : je me sentais bien, et même si je ne tapais pas de supers chronos quand j’allais faire le tour du lac d’Hossegor en courant, je me sentais juste super bien ! Et je récupérais étonnamment vite … J’ai donc poursuivi.

Quelques jours avant la course, ma sœur m’a rappelé que je n’avais pas donné de certificat médical, obligatoire, pour mon inscription. J’ai pris mon RV annuel chez le médecin, pour le-dit certificat médical qui dit que je suis en pleine forme pour faire du sport et apte à courir. L’expérience a été assez comique. Car bien sûr il a pris ma tension, et bien sûr, elle était légèrement dans les choux (j’étais à plus de 4 semaines de jeûne). Et donc bien sûr il m’a posé des questions… et bien sûr, je lui ai dit la vérité. Il a littéralement HA-LLU-CI-NE !! Comme de nombreux médecins, il n’a que peu de connaissance sur le jeûne et m’a mis en garde contre les éventuels malaises que je pourrais avoir si je faisais un effort intense à ce stade du jeûne. « Mais je m’entraine, et ok je ne fais pas mes meilleurs chronos, mais je me sens très bien, tout va bien Docteur! Je ne vais pas forcer. Mais je ferai cette course »

Il m’a donné mon certificat médical et m’appelle depuis « Madame Jeûne » 🙂 Il a éveillé certaines craintes ce jour-là, genre « Mais s’il avait raison? Et que oui je fais un malaise, et que oui on prend ma tension… mais les équipes de secours vont m’envoyer direct aux Urgences !! il est médecin, tout de même… »

Et voilà comment, au 29ème jour de jeûne, j’ai repris l’alimentation. J’ai bu des oranges pressées pendant les quelques jours qui me restaient avant le jour de la course, afin de faire remonter mon taux de sucre et pallier à une éventuelle chute de tension pendant la course.

La-dite course s’est très bien passée, j’ai fait mon plus mauvais chrono, mais j’étais heureuse de franchir la ligne d’arrivée avec le sourire aux lèvres ! J’aurais eu envie de prendre le micro des organisateurs et de dire à tout le monde que oui, c’est possible de jeûner et d’allier cette pratique avec une activité sportive. J’ai très vite récupéré et n’ai pas eu de courbatures. J’ai repris l’alimentation solide en suivant, avec toutes les difficultés que représentent une reprise alimentaire après un jeûne long, mais ça … c’est une autre histoire 😉

Dans cet article je vous relate mon expérience d’un long jeûne hydrique (et quelques jours en jeûne sec) de 2016. Je rappelle que ceci n’est que le témoignage d’une expérience tout à fait personnelle, et je vous encourage à consulter un professionnel avant de vous lancer dans une telle aventure.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.